
Eglise Saint Joseph, Annonay
Historique
Sise place Joseph Thibon, sa construction a été décidée en 1854 suite à la visite pastorale de Monseigneur Joseph Hippolyte Guibert, évêque de Viviers, constatant l’accroissant de la population catholique due à l’essor de l’industrie du cuir.
En 1865 la ville acquiert un jardin appartenant à la famille Barret pour édifier ce nouveau lieu de culte.
La construction débute en 1870, par la pose de et bénédiction de la 1ère pierre le 5 Mai 1870 et sera terminée deux ans plus tard , ouverte et bénie le 1er Novembre 1872.
De style néo-gothique, elle est l’oeuvre de l’architecte Prosper Borione. La situation de son terrain étroit, entre la rivière Cance et une ligne de remparts dont on voit les restes derrière l’église, n’a pas permis une construction classique en forme de croix latine. Le bâtiment a plutôt un plan quasi basilical, le transept est peu développé.
Saint Joseph, patron des ouvriers, est le vocable choisi pour l’église qui se situe au coeur du quartier industriel de la cité au XIXè siècle.
Les vitraux
Ils sont dus au vitrailliste lyonnais Jean-Baptiste Barrelon (1818-1885) et représentent une partie de l’histoire du quartier de Cance.
Dans le choeur :
Au centre, un portrait de Saint-Joseph
À gauche, Saint Antoine rappelle l’existence d’un hôpital du XIIIè siècle qui se trouvait au-dessus de l’église
À droite, Saint Claude patron d’une chapelle médiévale disparue ; elle était sur l’autre rive de la rivière au même niveau que l’église
Dans les chapelles latérales :
Portrait en pied de Saint André en souvenir des PP André Charmant et André Béchetoille qui ont oeuvré au XIXè siècle
Portrait en pied de Saint Pierre.
Oculi lobés des bras du transept :
La lapidation de Saint Etienne, pour Etienne Chabaud, marguillier et Etienne Frachon, maire à l’époque de la construction de l’église
Saint Jean-François Régis prêchant en rappel de sa venue à Annonay au XVIIè siècle et son passage dans la Chapelle de Trachin toute proche.
Les Cloches
Le clocher de l’église abrite 3 cloches :
La première, en sol, bénite le 16 Novembre 1873 par le Père Souterin, vicaire général du diocèse de Viviers et premier curé de l’église.
2 autres cloches bénites le 31 Octobre 1892 :
Marie – Josephe – Amélie, 700 kg, sol, a pour parrain M. Joseph Ribes et pour marraine Mme Auguste Ribes née Rouveure
Joachim – Anne, 400 Kg, si bémol, a pour parrain M. Joachim Pouly et pour marraine Mme André Bechetoille née Mignot.
La sonnerie des cloches a été électrifiée dans le milieu du XXè siècle.
Les Statues
Saint Joseph, dernier quart du XIXè siècle
Sacré Coeur, dans le bras nord du transept
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, placée durant la 2ème guerre mondiale. C’était la patronne de l’association de quartier créée en 1927 qui a disparu à la fin du XXè siècle
Sainte Jeanne d’Arc ornant le monument aux morts
Saint Michel terrassant un démon au-dessus du baptistère qui rappelle l’effacement des péchés par le baptême
Saint Antoine de Padoue sur un petit autel
Sainte Anne instruisant sa fille Marie décorant le bras sur le transept sud
Notre-Dame-de-Lourdes, mise en même temps que Sainte Thérèse. Les catholique du quartier de Cance ont matérialisé leur espoir et leur remerciement à l’issue des combats de 1940
Sainte Vierge qui date du dernier quart du XIXè siècle
Autres éléments intérieurs
Les bas-reliefs :
Chapelle du Sacré-coeur : celui de l’autel représente le « Sacré-Coeur entouré d’épis de blés et de grappes de raisins » 2 symboles eucharistiques à savoir le pain et le vin
Chapelle Sainte Anne : SA soit le monogramme de Sainte Anne
Ancien maître-autel : représentation « du Christ entouré de Saint Pierre et de Saint Paul », oeuvre des Ets Baussan&Bouvas de Bourg-Saint-Andéol. La porte de son tabernacle représente « l’Agneau de Dieu ».
Le chemin de croix date de la fin du XIXè siècle, et rappelle des épisodes du 1er vendredi saint « la Passion du Christ ».
Un tableau, copie offerte par l’Etat en 1875, représente « L’Annonciation ».
Le siège de présidence de style néo-gothique est contemporain de l'église
Le Christ en croix a été mis en place dans le premier tiers du XXè siècle
L'ambon, de style néo-gothique, date de la construction de l'église, il s'agit de la partie basse de l'ancienne chaire à savoir "la cuve"
L'autel en bois sculpté a été installé suite au Concile Vatican II pour permettre une célébration face aux fidèles
Le tabernacle date de la construction de l'église et se trouve dans le bras nord du transept.
L'orgue
Construit par la maison Charles Michel Merklin il est placé au-dessus du portail principal sur une tribune dessinée par l'architecte Elie Borione (1866-1905).
L'événement a été couvert par la presse, notamment par la Gazette d'Annonay avec 2 articles :
Le 26 juin relatant l'inauguration et la bénédiction par Mgr Joseph-Michel-Frédéric Bonnet, évêque de Vivier ; il nous apprend que l'orgue est dû à la générosité de M. Emile Mignot (1847-1895).
Le 3 juillet, l'article présente l'instrument en détail et l'organiste Louis Vierne (1870-1937), future titulaire des orgues de Notre-Dame de Paris.
Anecdote
Dans le cadre de la Loi de séparation des Eglises et de l'Etat un inventaire doit être effectué. Alors que l'opération est prévue le 13 Février 1906, un vicaire représentant le Père Hébrard âgé de 80 ans émet une protestation contre cet inventaire, les inspecteurs trouvent porte close et se retirent.
Quelques échauffourées ont lieu et les autorités décident de reporter cet inventaire qui aura lieu le 1er mars après avoir défoncé la porte de la sacristie.
Quelques dates importantes
1986 : le parvis devient la place Chanoine-Joseph-Thibon, curé de Cance de 1937 à 1966
1998 : réfection de la zinguerie, sécurisation de l'installation électrique, et réhabilitation commplète de l'entrée principale
2009 : spécialisation cultuelle des églises d'Annonay ; Saint Joseph devient un lieu de prière consacré aux arts accueillant des manifestations culturelles organisées par la paroisse.
2014 : à la demande des paroissiens, une première messe paroissiale est dite en l'honneur de Saint Joseph le 19 mars;
2017: messe paroissiale en l'honneur de Saint Joseph Travailleur le 1er mai qui deviendra annuelle.
Joëlle Teyssier
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